Projet de loi PACTE : une opportunité pour le financement de nos entreprises et de nos retraites
17/04/2018

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(L’Opinion) Par Patrick Dixneuf (Aviva)
 
 
On me demande souvent, comme Assureur, ce que je pense du projet de loi PACTE porté par Bruno Le Maire. En quelques mots : beaucoup de bonnes choses malgré quelques clichés et, peut-être, une erreur. (…) Les deux questions principales soulevées sont les bonnes :
Comment « flécher » ces investissements vers ceux qui n’ont pas aisément accès aux sources de financement et qui sont pourtant porteurs de la croissance pérenne de notre économie (le tissu de PME et d’ETI) ou de son renouvellement (les entreprises innovantes) ?
Comme favoriser l’investissement sous forme d’actions là où il est aujourd’hui principalement en France (et à l’inverse des autres pays) sous forme de dette ?
La méthode utilisée est également la bonne tant par l’approche de co-construction que par la volonté de regarder tous les éléments de la chaîne de valeur : épargnants, intermédiaires, sociétés financières, investisseurs et appétit des entreprises à ouvrir leur table de négociations. (…) Les assureurs, entre autres, ont beaucoup contribué aux premiers contrats Eurocroissance. Ceux-ci restent cependant compliqués dans leur montage financier et donc difficile à comprendre par les épargnants. Dans les conditions actuelles de marché et de niveau bas des taux d’intérêt, leur diversification reste aussi mécaniquement limitée. Les nouveaux Eurocroissance procèderont des mêmes idées, mais en mieux par leur simplicité, leur lisibilité et leur plus grande diversification. Bravo.
En ce qui concerne la retraite, je serais plus réservé quant à la partie désaccumulation. Que l’épargnant puisse disposer d’une partie de son épargne en capital est compréhensible et utile. Cependant, il ne faut pas faire table rase des notions de solidarité et de garantie. (…) Un simple calcul montre que nos pyramides des âges ne permettent plus d’assurer une solidarité intergénérationnelle complète et donc de conserver la retraite par répartition comme seul système. Les produits alternatifs ne doivent cependant pas faire table rase de la solidarité intragénérationelle, c’est-à-dire de la protection contre le risque de longévité. Ils ne doivent pas non plus exclure toute garantie et faire porter tout le risque financier par le client retraité. Les bilans des assureurs sont les outils naturels pour porter ces risques et ces garanties. De purs fonds de pension, même « à la française », ne le permettraient pas.

 

 

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